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Sud Ouest. Mai 2000
Ils ont ammené l'eau a Tamalout, des couveuses pour nouveau-nés à l'hopital
de Midelt, ils ont laissé des fauteuils roulants dans des hameaux perdus, des
béquilles par dizaines, rempli les bibliothèques des écoles, mais aussi distribué
des cartons de vêtements. Josiane et Sylvain Sabah, chez les Berbères, sont comme
chez eux. Quel que soit le village paumé dans le Haut-Atlas marocain, ils trouvent
toujours un gîte, un repas chaud, du thé à la menthe. Et une porte qui s'ouvre sur
un sourire.
Depuis six ans que ce couple de Biarrots a monté Soleil Bleu, une association à but
humanitaire, la nouvelle s'est répandue dans l'Atlas marocain, comme une traînée
de poudre. "un soir on est arrivé, raconte Sylvain, nous avions donné un fauteuil
roulant à un jeune handicapé, et le lendemain, devant la maison de l'infirme, il
y en avait cinq ou six autres qui attendaient. Il y a énormément de demande. Le Maroc
est un pays où sévit beaucoup le diabète, sans doute parce que culturellement, ces
populations mangent trop de sucres. Du coup, on voit plus qu'ailleurs des gens assez
jeunes avec de spieds en moins et déjà à moitié aveugle."
Josiane et Sylvain aiment le voyage. Et le 4x4. C'est par hasard qu'ils ont découvert
l'Atlas, juste une opportunité touristique, pas très chère. "Nous avons fait ce voyage
plusieurs fois, avant de nous poser vraiment la question de nous engager dans une action
humanitaire, note Sylvain. il y avait beaucoup de pauvreté, les gens vivent avec le
minimum. On a commencé à apporté des vêtements récupérés chez nous."
On donne de notre temps
L'association Soleil Bleu commence tout doucement. Sylvain et son épouse vont expliquer
leur démarche dans les cliniques, les hôpitaux du Pays Basque, quémandes du matériel
devenu obsolette ici, mais qui reste très performant pour dépanner les petites infirmeries
des villages marocains. Puis ils organisent des opérations vide-greniers au marché d'Ahetze,
dansle but de récupérer un peu d'argent, afin d'acheter des outils. Une dizaine de
menbres viennent adhérer au Soleil Bleu, solides des mêmes convictions.
"Nous partons avec nos voitures remplies au maximum, pendant nos vacances. C'est de notre
temps que nous donnons. Là-bas pas question d'aller à l'hôtel, on bivouaque dans les tentes
berbères, on vit chez l'habitant, on mange simplement comme eux. Très vite,
nous avons été reconnus comme une association humanitaire à part entière, le gouvernement
marocain nous a ouvert ses portes. Nous allons là-bas deux fois par an environ, selon
nos congés. Et à chauqe voyage, non seulement nous apportons du matériel, mais en plus,
nous évaluons les nouveaux besoins. Puis, nous constatons les effets de notre passage.
Ainsi, une année, avons-nous apporté des outils de menuiserie à un artisan, qui savait
travailler mais ne possédait pas de rabot digne de ce nom. L'année suivante, il avait
engagé deux ouvriers."
"Ne croyez pas que ce soit facile de monter une association comme celle-là, poursuit Sylvain.
On se mine bien souvent. Parce que ce n'est pas tout d'arriver avec des choses, il faut aussi,
surtout, comprendre la mentalité marocaine, du plus pauvre au plus riche. Respecter leur facon de vivre.
Ne pas arriver et vouloir leur en démontrer, ce serait stupide. Ou bousculer leur mode
de vie, ca se retournerait contre nous. Ni amener des choses dont ils n'auraient aucune utilité.
Nous cherchons à rester le plus près possible de leur mode de vie, de leurs besions esssentiels.
La santé, l'eau, la culture."
20 kilos de sucettes
Désormais, les époux Sabah font aussi le tour des écoles de Biarritz et des villes
voisines, afin de récuperer des livres scolaires, des craies, des cahiers. Cette
année, ils ont constitué une véritable bibliothèque scolaire: "les Berbères
apprennent le français à l'école, dès les classes primaires", justifie Sylvain. Mais
avec les livres fort utiles au demeurant, les bénévoles de Soleil Bleu se sont permis
une petite entorse à leur contrat moral, ils ont amené quelque chose de trés... inutile:
20 kilos de sucettes offertes par l'usine Chupa Chups. juste de quoi adoucir les soirée
des enfants.
"Nous allons continuer à prospecter dans les hopitaux de la région pour obtenir
du matériel médical, car le Maroc en manque cruellement. L'an prochain nous
espérons une ambulance qui doit nous être donnée par l'hopital de Villeneuve-sur-Lot,
mais désormais, nous envisageons une nouvelle action. On cherche des parrainages
d'enfants. Il y a beaucoup d'orphelins là-bas, avec des associations autochtones
très organisées, mais si des enfants pouvaient être parrainés depuis ici, pour les
aider à suivre des études par exemple, apporter un petit soutien moral et financier,
ce serait un plus."
Sylvain et Josiane donnent leur temps, ils l'ont dit, mais aussi beaucoup d eleur
argent.
Ils ne comptent sur aucune subvention, sinon leur volonté, quelques dons, leur vocation,
leur enthousiasme. Et l'amour du peuple berbère.
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