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C'est d'ailleurs une réforme religieuse qui marque l'origine du soulèvement
des Berbères dans le Haut-Atlas: la prédication d'Ibn Toumert et l'action
militaire d'Abd el-Moumen aboutirent à l'instauration de la nouvelle dynastie
des Almohades au profit de ce dernier. Mais c'est aussi la revanche d'une
population sédentaire sur la domination des Almoravides, restés pour elle
des nomades sahariens.
Maitre du Maroc, Abd el-Moulen porta la geurre sainte en Espagne et intervint
dans le Maghreb tout entier: trente ans d'action ininterrompue lui valurent
de régner sur tous les Berbères, et de la Castille à Tripoli.
Cet empire ibéro-maghrébin fut défendu à la point de l'épée par ses deux
successeurs: Youssef, puis Yacoub el-Mansour (1148 - 1198). Mais loin de
briller seulement par l'éclat des armes, le règne des trois premiers souverains
almohades constitua un des sommets de l'histoire du Maroc. La prospérité
économique et la tranquillité intérieure étaient assurées; les courants
d'échanges se multiplièrent tant à l'intérieur qu'avec l'Afrique noire ou les
ports espagnols, italiens, francais.
La civilisation citadine, imprégnée d'influences andalouses, s'épanouit. Les
princes se firent mécènes des chroniqueurs, des géographes, des médecins, des
philosophes 5Averroes, Maimonide). Constructeurs acharnés, ils ont laissé
de nombreux témoignages d'un art dans sa pleine maturité à Marrakech,
à Tinmel, à Rabat...
Le temps de cette grandeur ne dépassa guère le 12ième siècle. Les Almohades
devaient, à la bataille de Las Navas de Tolosa (1212), perdre la partie en
Espagne. Dès lors, leur empire africain mal commandé et miné par le dedans
commenca de se désagréger, l'autorité réelle passant aux gouverneurs de
provinces. Profitant de la confusion générale, de nouveux venus, les Beni Merin,
étendaient leur pouvoir dans le Maroc oriental.
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